Gaudí’s Death, War and Pandemic: The Sagrada Família’s Endlessly Delayed Construction

La Sagrada Familia de Barcelone s’apprête à franchir une étape historique avec l’inauguration ce mercredi 10 juin de sa 18e et dernière tour principale, qui culmine à près de 172 mètres. L’événement coïncide avec la visite du pape Léon XIV, qui doit célébrer une messe dans la basilique, et intervient 144 ans après la pose de la première pierre du monument conçu par Antoni Gaudí. Ce jalon symbolique marque l’aboutissement apparent du chantier le plus long de l’architecture moderne, même si l’ensemble du projet n’est pas encore totalement clos.
L’histoire de la Sagrada Familia est celle d’un chantier hors norme, commencé en 1882 après l’initiative du libraire catholique José Maria Bocabella. Le premier architecte, Francisco de Paula del Villar, avait imaginé un édifice néogothique, mais le projet fut rapidement abandonné. Antoni Gaudí prit la relève en 1883 et transforma radicalement l’ambition initiale en concevant un temple monumental à cinq nefs, trois façades et 18 tours, riche en symboles religieux et en innovations structurelles. La chapelle Saint Joseph fut inaugurée dès 1885, mais le projet resta inachevé à la mort de l’architecte en 1926, après son accident avec un tramway.
Depuis, la basilique a traversé de nombreuses épreuves, notamment la guerre civile espagnole, au cours de laquelle des plans, maquettes et documents de travail furent détruits dans des incendies provoqués par des anarchistes. Les travaux reprirent après la guerre grâce à des dons privés et avancèrent par étapes, au rythme des financements disponibles. Dans les années 1950, de nouveaux éléments furent ajoutés, puis l’essor touristique de Barcelone contribua à accélérer les ressources du chantier. Aujourd’hui, la Sagrada Familia attire entre 4 et 5 millions de visiteurs par an, ce qui en fait l’un des sites les plus fréquentés d’Espagne.
La nef centrale a été achevée en 2010, année où Benoît XVI consacra l’édifice et le déclara basilique mineure. En 2005, la façade de la Nativité et la crypte avaient déjà été inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais le chantier a subi de nouveaux retards avec la pandémie de Covid-19, qui a fait chuter les revenus touristiques. La tour du Christ, pièce maîtresse du sommet, a été livrée en février 2026.
Malgré cette avancée, le monument n’est pas encore considéré comme totalement terminé. Un projet d’escalier vers la future façade principale suscite des tensions avec des riverains, la mairie de Barcelone et la justice. L’architecte actuel, Jordi Fauli, estime que Gaudí reconnaîtrait son œuvre, tout en admettant que le chantier ne sera probablement pas achevé en 2032, année du centenaire de la mort du maître catalan.






