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Isère : les dirigeants de la carrière de La Rivière condamnés après l’éboulement géant, mais les parties civiles déboutées de leurs demandes d’indemnisation

Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné, mardi 26 mai 2026, les dirigeants de la société Carrière de La Rivière après l’éboulement majeur survenu le 25 juillet 2024 à La Rivière, en Isère. Jean-Pierre Carron, directeur général, et Philippe Puthod, président de l’entreprise, ont chacun écopé de 50 000 euros d’amende pour avoir poursuivi l’exploitation de la carrière en violation d’une mise en demeure administrative. La société Carrière de La Rivière a, de son côté, été condamnée à 150 000 euros d’amende en tant que personne morale.

L’affaire remonte à l’effondrement d’environ un million de mètres cubes de roches et de terre détachés du mont d’Artets, qui avait recouvert la RD 1532, axe stratégique reliant Valence à Grenoble sur la rive gauche de l’Isère. Très vite, la carrière de calcaire exploitée par la SAS réunissant le groupe Eiffage et des partenaires isérois avait été mise en cause par des riverains, soupçonnant un lien avec la catastrophe.

Après une enquête menée par les gendarmes de la compagnie de Saint-Marcellin, les deux responsables avaient été renvoyés devant la justice le 31 mars 2026 pour une infraction au code de l’environnement. Le dossier initial visait la poursuite d’exploitation d’une installation classée sans respecter une mise en demeure, avec une circonstance aggravante de « dégradation substantielle de l’environnement ». Mais le tribunal a requalifié les faits et n’a pas retenu cette aggravation, estimant qu’il n’avait pas été démontré que l’absence de mesures des vibrations lors des tirs d’explosifs avait provoqué l’effondrement.

Les parties civiles ont été déboutées de leurs demandes d’indemnisation à la suite de cette requalification. Toutefois, la présidente du tribunal a souligné que les éléments du dossier pénal pourraient ouvrir la voie à des poursuites civiles ou administratives et à la reconnaissance d’une faute civile, au moins par négligence, dans la gestion de la carrière. Elle a aussi décrit une exploitation apparue au cours des débats comme « particulièrement négligente et approximative ».

Lors de l’audience de mars, le procureur Étienne Manteaux avait requis six mois de prison avec sursis probatoire et 80 000 euros d’amende contre chacun des deux prévenus, ainsi qu’une amende de 250 000 euros contre la société. Il avait dénoncé des manquements graves, affirmant que les dirigeants avaient agi en méconnaissance des prescriptions imposées par l’État et avaient, selon lui, caché dès 2019 l’instabilité de la zone. Le tribunal n’a pas suivi ces réquisitions.

Une quinzaine de parties civiles avaient fait état de lourds préjudices, dont la destruction de cultures de noyers, l’interruption du cours d’eau Le Versoud, la saturation de routes secondaires après la fermeture de la RD1532, la destruction d’une chapelle, l’enclavement du territoire et un contournement coûteux par l’autoroute pour les usagers.

Harish Yadav

Editor at PPC Herald, handles news and article writing and proofreading.

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